Sandrine Joëlle Mbumi, spécialiste du saut en longueur et du triple saut est la nouvelle détentrice du record du Cameroun du saut en longueur grâce à une performance historique de 6m65 lors de la deuxième journée du championnat national Interclubs d’athlétisme tenue à Bafoussam. L’athlète qui devance désormais la championne olympique Françoise Mbango Etone sur le plan des performances nationales sera l’une des représentantes camerounaises lors des Jeux du Commonwealth prévus du 4 au 15 avril prochain à Gold Coast en Australie ! En pleine préparation de cette compétition, Sport au Féminin a tenu à interviewer la championne.

 

     Joëlle Mbumi lors de son saut historique en 6m65, le 3 mars 2018 à Bafoussam.

 

Bonjour Sandrine Joëlle

Bonjour Charlotte Pélagie

 

Vous êtes en stage depuis quasiment deux semaines à Yaoundé à l’occasion des Jeux du Commonwealth qui auront lieu en début du mois prochain en Australie. Comment se passe la préparation ?

La préparation se passe super bien. L’ambiance est super bonne. Nous sommes entrain de travailler sur de petits manquements. On s’attèle à les travailler pour pouvoir performer lors des Jeux [du Commonwealth].

 

A quoi renvoient ces manquements ? De notre perspective, vous semblez être au sommet de votre art. Qu’avez-vous encore à parfaire ?

Il y a toujours des choses à travailler. Les meilleures du monde actuellement, réalisent des sauts aux alentours de 7 mètres. Moi je n’en suis qu’à 6m65. C’est clair que pour aller chercher un podium, il va falloir titiller les meilleures. Alors il faut encore travailler. Ce que j’ai déjà réalisé n’est pas mal mais il faut encore travailler et se rassurer pour pouvoir aller chercher le précieux sésame.

 

Vous avez faim de victoires ! (Rires)

(Rires) Oui effectivement. Quand on travaille c’est toujours pour aller au sommet, pour donner le meilleur de soi-même. Alors oui, j’ai faim de victoires ! C’est très important.

 

Comment se passent les séances d’entraînement ? Combien en avez-vous par jour ?

En ce moment je réalise une séance par jour et donc six séances par semaine. Tout se déroule bien.

Joelle Mbumi en route pour Gold Coast en Australie avec le reste de la délégation camerounaise des Jeux du Commonwealth.
                 
      « Réaliser cette performance de 6m65 […] a toujours été mon objectif depuis plus de trois ou quatre ans. »

 

La plupart des camerounais comptent sur vous. Vous êtes certainement l’une de nos plus grandes chances de médailles. Est-ce une pression supplémentaire ou alors cela vous galvanise un peu plus ?

Se retrouver à ce niveau est désormais une histoire d’habitude. La pression, c’est vrai qu’elle existe mais elle est moindre. J’arrive déjà à la gérer. En réalité, je suis plutôt galvanisée. Réaliser cette performance de 6m65, ma foi, a toujours été mon objectif depuis plus de trois ou quatre ans. L’avoir réalisée à Bafoussam m’ouvre des portes. Je me dis que rien n’est impossible.

 

Après ce saut, que vous êtes-vous dit ? Qu’est-ce qui vous est passé par la tête ?

Je ne m’y attendais pas vraiment. Mais c’est clair qu’en allant à Bafoussam, je me disais qu’il fallait réaliser des sauts aux alentours de 6m40 ou 6m45. Battre ce record n’était pas mon objectif. Sincèrement, après l’avoir réalisé, ça m’a donné envie d’aller chercher encore plus loin.

 

En tant qu’athlète professionnelle, avez-vous adopté une alimentation particulière pour vous sentir aussi légère lors de vos sauts ? (Rires)

Quand on est sportif de haut niveau, il y a certains prérequis. On doit avoir une hygiène de vie et une alimentation au point. Je mange de la nourriture locale même si j’essaie d’éviter certains mets. Je fais avec ce que j’ai ! J’essaie de bien m’alimenter et de bien m’hydrater.

 

Vous êtes à l’heure actuelle en rassemblement pour les jeux du Commonwealth, êtes-vous conseillée par des nutritionnistes ? Comment gérez-vous la pression et vous alimentez-vous pour optimiser les résultats ?

Ici nous avons des chefs cuisiniers et des médecins qui collaborent et nous font des menus en fonction de nos différentes acativités. Personnellement j’ai mes habitudes. Etant professeur d’EPS, je fais un peu de diététique et j’essaie de mettre en pratique ce que j’ai appris.

 

Quel est votre état d’esprit à l’heure actuelle ? Etes-vous prête à en découdre avec vos adversaires ? Vous y pensez fortement ou c’est le même état d’esprit que lors d’événements nationaux?

Le Commonwealth c’est une autre compétition, une autre dimension. Ce sera ma deuxième participation aux Jeux. Mon objectif est de faire mieux que la fois précédente ; mieux que la 7e place que j’ai obtenue à Glasgow il y a quatre ans.

 

                                Joëlle Mbumi, Jeux de la francophonie 2017, Abidjan, Côte d’Ivoire.
« Je suis restée la même »

 

En tant qu’enseignante d’EPS, prevenez-vous vos élèves de ce que vous prendrez part à une compétition et que vous serez absente ? Avez-vous des encouragements venant d’eux ?

Actuellement je ne suis pas au lycée mais plutôt en service au stade omnisports de Yaoundé. Avant d’aller à une compétition, il y a une autorisation qui est déposée de ce côté-là. Sinon des encouragements, j’en reçois de partout. J’ai eu à enseigner auparavant, à encadrer des enfants lors de mon stage professionnel. Il y a des enfants qui me rencontrent et m’encouragent, mes collègues et mes nombreux amis.

 

Et au sein de la famille, comment perçoivent-ils votre pratique de la discipline ?

Au départ, ma maman était plutôt sceptique. Mais j’ai été encouragée par mon papa, mon grand-frère et tous mes sœurs et frères. J’ai la grâce d’avoir une grande sœur qui a pratiqué de l’athlétisme. C’est elle qui me guide. Actuellement nous travaillons en collaboration. La maman avec le temps s’y est faite surtout que les résultats suivent.

 

Est-ce que le regard de vos amis a changé ?

Les choses n’ont pas tellement changé. Je suis restée la même. On a toujours nos vieilles habitudes. On se rencontre, on rit, on déjeune ensemble. Ça n’a pas tellement changé.

 

Puisque vous êtes engagée dans les épreuves de saut en longueur et de triple saut aux jeux du commonwealth, nous vous souhaitons beaucoup de courage. Revenez-nous avez une médaille !

Oh merci ! Que Dieu vous entende !

 

Merci également à vous.

 

Interview réalisée par Charlotte Pélagie Eyoum lors du stage de préparation à Yaoundé, juste avant le départ de la délégation camerounaise pour l’Australie.*

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