A l’occasion des Jeux Olympiques d’Hiver qui se déroulent en ce moment à Pyeongchang en Corée et à l’approche de la célébration de la Journée Internationale de la Femme, Sport au Féminin revient sur les grandes actions du Comité International Olympique (CIO) en faveur de la promotion des femmes dans le sport. Quel chemin parcouru jusqu’à aujourd’hui !

 

Le Nigéria, le Togo, l’Erythrée ou même Madagascar prennent part en ce moment aux Jeux Olympiques d’Hiver à Pyeongchang. Au-delà du fait que ces nations soient toutes considérées comme exotiques du fait de leur climat assez tempéré, leur particularité pour cette édition 2018 est qu’elles sont toutes représentées par des athlètes féminines.

Il y a encore quelques décennies, voir pareille chose relevait quasiment du champ de l’impossible. Mais aujourd’hui, les portes se sont considérablement ouvertes pour la gent féminine. Le Comité International Olympique en est pour beaucoup dans le mouvement.

Depuis l’année 2000, date de création des Trophées du CIO « Femme et Sport » qui récompensent des femmes mais aussi des hommes ou des organisations contribuant admirablement « au développement, à l’essor et au renforcement de la participation des femmes au sport », les choses se sont extraordinairement accélérées. Chaque année, une femme africaine a été à l’honneur sur le continent africain.

Retrouvez la liste complète des lauréates africaines depuis la création des Trophées Femme et Sport.

Alors que nous nous apprêtons à célébrer la Journée Internationale de la Femme, portons un regard sur l’histoire des femmes dans les Jeux Olympiques à travers les décennies. Le principe de l’égalité des sexes est inscrit dans la Charte olympique. Le CIO a donc l’obligation « d’encourager et de soutenir la promotion des femmes dans le sport à tous les niveaux ». Qu’en était-il avant?

Les premiers Jeux Olympiques d’Athènes ont eu lieu en 1896, sans les femmes. Pierre de Coubertin lui-même considérait comme incongrue l’idée de faire participer des femmes. A cet époque, il était d’avis populaire qu’une femme pratiquant un sport à haut niveau perdrait tout féminité. Les machos!

En 1900, vingt-deux femmes prennent part aux J.O. de Paris sur un total 997 participants. Elles ne peuvent concourir qu’aux épreuves « compatibles avec leur féminité » comme le tennis, l’équitation ou encore le patinage artistique.

En 1917, la Fédération des Sportives féminines de France voit le jour grâce à Alice Milliat. Deux ans plus tard, elle demande à Pierre de Coubertin de revenir sur sa décision en permettant aux femmes de participer à toutes les épreuves au programme. Malheureusement il s’y oppose à nouveau et face à son refus, Alice Milliat crée les Jeux Olympiques Féminins de Héra. L’idée ne plaît pas au CIO et elle est contrainte à défaut d’annuler ces jeux de les renommer. Ils deviennent les Jeux mondiaux féminins, qui auront d’ailleurs beaucoup de succès.

Alice Coachman effectue un saut.

Après le départ de Pierre de Coubertin, les femmes commencent véritablement à être intégrées. En 1948, aux JO de Londres, une femme noire s’impose pour la première fois. L’américaine Alice Coachman est médaillée d’or du saut en hauteur.

Tout va dans le sens de la progression puisqu’en 1964 à Tokyo, les femmes représentent 13% des concurrents et elles sont 23% à Los Angeles en 1984. C’est même durant cette dernière édition que Nawal El Moutawakel, devient la première femme africaine à remporter une médaille olympique. La marocaine décroche l’Or sur 400 m Haies.

En 1991, le CIO stipule que toute nouvelle discipline aux JO doit obligatoirement comporter des épreuves réservées aux femmes.

Les Jeux olympiques de Londres en 2012 ont été le théâtre de bien des révolutions. Pour la première fois, les femmes ont concouru dans toutes les disciplines sportives inscrites au programme. Elles représentaient plus de 45% des concurrents. Pyeongchang 2018 est dans la même mouvance avec près de 45% de femmes athlètes. Pas mal, non ?

L’athlète marocaine Nawal El Moutawakel en août 1984.

Nous sommes partis d’une exclusion totale des femmes lors des premiers jeux olympiques il y a plus d’un siècle, à une avancée vers la parité totale.

Aujourd’hui les fédérations sportives se trouvent un peu obligées, très souvent malgré elles, d’introduire les femmes dans leurs sphères, pas seulement comme des athlètes mais de plus en plus comme des dirigeantes. Même s’il est vrai que certains pays sont encore à la traîne.

A partir de Tokyo 2020, tout sera mis en œuvre pour que l’égalité des chances soit respectée. En effet, en adoptant l’Agenda Olympique 2020 en décembre 2014, le CIO a pris une série de 40 recommandations parmi lesquelles celle n°11 qui lui impose « d’œuvrer avec les Fédérations Internationales afin de parvenir à une participation féminine de 50 % aux Jeux Olympiques et d’encourager la participation des femmes et leur présence dans le sport en créant davantage d’occasions de participation aux Jeux Olympiques ».

Il faut dire que la révolution est en marche. Les mesures s’enchaînent dans le sens de la progression. Hier matin mercredi 21 février, lors du 9e symposium international de l’industrie du sport, organisé à Chuncheon, en République de Corée, il a été question de nouveaux accords pour améliorer l’organisation des jeux.

Et pour aller plus loin, Le 7 février dernier, le CIO a approuvé des plans visant à cibler les comités nationaux olympiques d’Afrique comme hôtes potentiels de la quatrième édition des jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) en 2022.

Que nous réservent les prochaines éditions? La parité, on en rêve. A condition qu’elle soit juste… Les hommes comme les femmes devraient avoir le droit de concourir dans toutes les disciplines. Exclure les hommes de la gymnastique rythmique ou de la natation synchronisée ne va pas dans le sens de la parité tant revendiquée. Espérons que 2020 apportera des solutions aux problèmes de l’heure actuelle.

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