A l’heure où toutes les disciplines auparavant réservées aux hommes se démocratisent, les femmes pratiquent de plus en plus des sports de combat. A 36 ans, Emilienne Kamdem Map en fait partie. Celle qui pratique le judo depuis une vingtaine d’années environ s’est fait une place au soleil en devenant arbitre de la Fédération Internationale de Judo.

 

Maître Emilienne Kamdem Map, Ceinture noire, 3e dan de judo et arbitre FIJ

 

L’univers des arts martiaux est beaucoup plus attrayant que l’idée qu’on s’en fait. Au Cameroun, les femmes l’intègrent de plus en plus et cela leur réussit plutôt bien. C’est le cas, de la présidente du club des femmes pratiquantes d’arts martiaux, Emilienne Kamdem Map. Son aventure dans le monde du judo a démarré il y a près de vingt ans alors qu’elle n’était qu’une adolescente.

Emilienne vient d’une famille passionnée de sports de combat. Son amour pour le judo, elle l’a depuis sa tendre enfance. Pourtant, elle est la première dans sa famille à opter pour la discipline. Elle le dit d’ailleurs si bien «  Si je n’avais pas été soutenue, jamais je n’y serais parvenue ».

Ceinture noire, troisième dan de judo depuis 2011, la judokate est également arbitre de la Fédération Internationale de Judo. En tant que telle, elle est souvent convoquée lors d’évènements sportifs nationaux organisés par la Fédération Camerounaise de Judo, mais aussi pour des compétitions internationales de la FIJ.

 

« Etre de la FIJ, cela veut dire connaître plus que les autres »

 

Emilienne avoue avoir eu un comportement déplacé pendant longtemps. Elle était portée sur la bagarre avec un esprit assez belliqueux et en devenant représentante FIJ, il était impératif d’adopter une attitude exemplaire. Grâce aux principes enseignés par les arts martiaux, elle s’est assagie. « Je suis désormais le miroir de beaucoup de femmes. En plus être de la FIJ, cela veut dire connaitre plus que les autres ».

A la question de savoir pourquoi les pratiquants de sports de combat sont réputés pour être des personnes pacifiques, elle répond que les arts martiaux ont chacun leurs codes. Et il faut avoir de la passion pour s’y conformer. « Le code moral à respecter réside dans l’humilité, le contrôle de soi et l’amitié qui est le plus pur des sentiments humains ». Lorsqu’on met ce code en pratique, il devient évident que le but premier de la pratique est d’être au service des autres.

En fondant le club des femmes pratiquantes d’arts martiaux, Emilienne se sent utile. Tout est parti d’un jeu. Elle s’est associée à des professionnelles du Nanbudo dans le but de réunir toutes les pratiquantes de sports de combat. Le fait que les femmes aient peur de s’engager dans ces différentes disciplines a été leur motivation. Aujourd’hui, être sur le devant de la scène comme figure de proue et exemple pour les autres est une satisfaction pour Emilienne Kamdem Map. L’objectif du club qu’elle a fondé est d’amener le plus de femmes possible à pratiquer un art martial peu importe l’âge ou le statut social. Pour elle, il est possible d’être une femme chef d’entreprise ou mère au foyer tout en pratiquant du judo, du karaté, du nanbudo ou du kung-fu.

 

Une formation pour les jeunes ?

 

Au-delà de ce club réunissant des amatrices et des professionnelles d’arts martiaux, Émilienne pense à créer une école pour former des jeunes même si elle reconnait qu’elle n’en a pas encore les moyens financiers. Aujourd’hui son travail réside surtout dans la sensibilisation à travers des marches et autres événements. Et petit à petit, ses actions s’étendent à toutes les régions du pays.

Elle est sur la bonne voie. Son club prend de l’envol. Le nombre de membres s’accroît un peu plus chaque jour. Et peut-être qu’elle réussira son pari : celui d’attirer les femmes de tout milieu dans la pratique des arts martiaux qui sont de vrais canalisateurs d’énergie.

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