La presse sportive sénégalaise va célébrer les femmes à travers une cérémonie de remise de récompenses prévue ce samedi 10 mars à Dakar. Coumba Dia Niang, présidente de la Commission Féminine de l’Association de la Presse Sportive du Sénégal (ANPS) et propriétaire du site sportif www.gradins.net revient sur les raisons d’un tel événement.

 

Coumba Dia Niang, présidente de la Commission Féminine de l’Association de la Presse Sportive du Sénégal (ANPS).

 

Bonjour Coumba Dia Niang. Vous avez décidé de célébrer les femmes lors d’un événement prévu pour le 10 mars prochain. De quoi s’agit-il exactement ?

Bonjour Charlotte Pélagie. Pour le 10 Mars, la Commission Féminine de l’ANPS que je préside, a voulu marquer le mois de la femme en organisant un événement dédié exclusivement à la femme. Il est ainsi prévu un Panel sous le thème « La place de la femme dans le développement du sport » avec des sous-thèmes tels le genre dans l’histoire du sport, l’émancipation de la femme par le sport, le leadership féminin dans le sport entres autres. Une occasion choisie pour honorer des femmes qui ont marqué le sport sénégalais de par leurs performances respectives.

 

Qu’est ce qui vous a motivé à organiser un tel évènement ?

Il faut d’abord savoir qu’un nouveau Comité Directeur de l’ANPS a été élu au mois d’août dernier avec un nouveau Président en l’occurrence M. Abdoulaye Thiam. Dans le CD, nous avons eu la chance d’avoir 7 femmes, une première je peux dire à l’ANPS qui est en majeure partie composée d’hommes. Ce qui est ainsi une source de motivation. Au Sénégal, il existe au moins deux femmes dans les organes de presse et de plus en plus on les voit s’orienter vers le journalisme sportif. La Commission féminine est actuellement composée d’une quarantaine de femmes, alors, on s’est dit qu’on ne pouvait pas manquer cette occasion du mois de Mars dédié à la femme pour honorer celles qui se sont distinguées dans le sport, qu’elles soient des journalistes sportives, des dirigeantes, pratiquantes ou techniciennes dans les clubs, fédérations etc.

 

Quels sont les critères de sélection ou le profil des femmes qui seront primées ?

Le choix n’était pas du tout facile car plusieurs femmes se sont distinguées dans le sport sénégalais mais pour cette première édition, nous avons beaucoup plus insisté sur celles à qui on ne parle pas d’une discipline donnée sans évoquer leur nom. Par exemple l’ancienne internationale de basket Mame Maty Mbengue qui est la basketteuse la plus titrée, Amy Mbacké Thiam, première médaillée d’or d’athlétisme en 2001, Fatou Sissoko, ancienne athlète et Directrice technique et des compétitions à la Confédération Africaine d’Athlétisme, Khady Diedhiou journaliste sportive qui s’est illustrée dans les années 1990, Albertine Gonçalvez première femme Présidente d’une fédération sportive,  entres autres. Nous avons voulu ainsi les montrer en exemple à la jeune génération pour qu’elle puisse s’en inspirer.

 

Depuis combien de temps la Commission Féminine de l’ANPS existe-elle ?

La Commission féminine a toujours eu sa place au sein de l’ANPS. J’étais même membre de l’ancienne Commission féminine en qualité de Secrétaire administrative. Juste que peut-être les femmes ne s’étaient pas très impliquées, ce qui fait qu’il n’y avait pas assez de réactivité. Mais pour ce nouveau bureau, on compte dérouler un programme bien ficelé avec des objectifs clairs.

 

Quelles sont les difficultés rencontrées par les femmes dans le milieu du sport au Sénégal ?

Autrefois, il était rare de voir des femmes s’impliquer dans le sport mais au Sénégal on constate que les femmes qu’il s’agisse des médias spécialisés sport ou des instances sportives, commencent à se trouver une place. Les difficultés sont partout à mon avis, pas seulement dans le sport. Parfois nos réalités culturelles nous imposent de ne pas tenir tête aux hommes ou de les laisser prendre les devants, il peut exister aussi que les femmes qui sont dans le sport soient marginalisées. Et c’est plus fréquent par exemple dans le football féminin car étant considéré comme un sport réservé aux hommes. Mais si on sait ce que l’on veut, je crois qu’on peut faire face à toutes ces difficultés.

 

Est-ce qu’il y a aujourd’hui une augmentation significative du nombre d’actrices sportives dans votre pays ?

Oui, je peux dire qu’il y a une nette augmentation du nombre d’actrices sportives ici au Sénégal. Par exemple, les Fédérations de Gymnastique et Roller-Skateboard sont dirigées par des femmes. Notre prestigieux stade Léopold Sedar Senghor est géré par une femme. Et on voit de plus en plus des femmes arbitres mondiaux dans différentes disciplines. Des femmes techniciennes ou d’autres qui occupent des postes de responsabilités dans les fédérations. Beaucoup de femmes sont des Managers de Sport formées. Moi qui vous parle, je suis également Manager de Sport et c’est en partie ce qui m’a permis d’intégrer la Fédération Sénégalaise de Triathlon en qualité de chargée de la Communication.

 

A l’heure où les questions d’équité et d’égalité s’érigent comme des problématiques majeures, qu’est ce qui est fait pour favoriser l’intégration des femmes dans le sport au Sénégal ? Y a-t-il un réel plan d’action ?

Je pense que pour se faire une place dans le sport, les femmes se doivent de se donner d’abord leurs propres moyens. Il y’a au Sénégal une bonne politique de promotion des femmes dans le sport. Il reste juste à avoir de l’engagement et de la motivation pour réussir. Il faut d’abord s’aider soi même avant de s’attendre à l’aide des autres.

 

Avez-vous le sentiment qu’il y a un réel soutien de la part des instances sportives sénégalaises à l’endroit des femmes ?

Oui, je pense qu’il y a un réel soutien des dirigeants sportifs à l’endroit des femmes. Elles intègrent de plus en plus les instances. Et donc, il reste juste aux femmes de prouver pour se faire une place.

 

Pour toutes celles et tous ceux qui souhaiteraient prendre part à ce panel, où est située la Maison de la Presse ?

La Maison de la Presse du Sénégal se trouve à la Rue 5 angle Corniche, en allant vers le Centre Ville. Elle a pour but d’offrir aux journalistes et aux techniciens de la communication un cadre de travail et d’épanouissement professionnel.

 

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